Il était une fois, dans les profondeurs infinies de l’océan, une déesse nommée Hinemoana. Elle veillait sur les vastes étendues d’eau, entourée de ses nombreux enfants, les coquillages scintillants, les pieuvres rusées, et les longues algues dansantes qui peuplaient ses royaumes sous-marins. Sa chevelure, semblable aux vagues, flottait autour d’elle, et ses yeux, aussi profonds que les abysses, reflétaient le calme éternel et la tempête qui régnait dans son cœur.
Hinemoana était aimée par tous ceux qui respectaient l’océan, mais elle était aussi redoutée. Car, si elle pouvait offrir des trésors marins et guider les navigateurs à travers les tempêtes, elle pouvait tout aussi bien déchaîner les flots furieux si elle se sentait offensée. C’était une gardienne stricte et sage, car elle connaissait les secrets cachés dans les plus sombres crevasses de l’océan.
Un jour, un groupe de pêcheurs, confiants dans leur savoir-faire et leurs outils, se mit à construire un grand canoë pour traverser les mers. Mais, dans leur empressement, ils ne prirent pas le temps d’honorer les dieux ni de respecter les anciens rituels. Hinemoana, voyant cela du fond de son royaume, ressentit un grand courroux. Comment osaient-ils négliger les traditions qui liaient le monde des hommes à celui des esprits ?
Le soir même, alors que la lune argentée se levait sur la mer, les pêcheurs mirent leur canoë à l’eau, impatients de partir en quête des richesses que l’océan pourrait leur offrir. Mais à peine avaient-ils quitté le rivage que les eaux, auparavant calmes, commencèrent à s’agiter. Les vagues se soulevèrent de plus en plus haut, et bientôt, une tempête aussi sombre que la nuit engloutit le bateau.
Les hommes, pris de panique, se mirent à prier et à implorer Hinemoana de les épargner. « e atua vahine o te moana, te metua vahine rahi o te au, faaore i to mātou faahapa, e faaora i to mātou ora ! » crièrent-ils. « Déesse des océans, grande mère des marées, pardonne notre arrogance, et sauve nos vies ! »
Hinemoana, bien que sévère, n’était pas cruel. Elle entendit leurs supplications sincères, et, touchée par leur repentance, apaisa peu à peu les flots. Les vagues devinrent des murmures, et les pêcheurs furent ramenés sains et saufs sur la plage, épuisés mais reconnaissants.
Depuis ce jour, nul ne se risqua à ignorer les rituels sacrés dédiés à Hinemoana. Les pêcheurs, les marins et les enfants même, tous apprirent à respecter les forces de l’océan capricieux et à honorer la grande déesse dont le pouvoir réside dans chaque vague qui caresse la côte. Et ainsi, la mer, tantôt amie, tantôt ennemie, resta à jamais un un lieu sacré pour les Polynésien, un royaume sous le règne bienveillant, mais strict, de Hinemoana.
Ce conte a été écrit par Anna Ariabinsky et est inspiré de la mythologie Polynésienne.
